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REPAS DES SENATEURS – SAMEDI 2 novembre 2002 Discours de Maurice Chers
amis sénateurs, Le
traditionnel repas des sénateurs donne à celui qui joue le rôle de chef, la
possibilité de dire quelques mots ce qui n’est pas vraiment le cas le reste
de l’année, Avec
votre permission je diviserai mon message en deux chapitres : le premier très
sérieux alors
que le deuxième n’aura que la valeur que vous lui accorderez. J’ai
d’abord le plaisir de saluer quelques amis qui ne pratiquent plus le
sport qui nous est cher mais qui, à juste titre, restent fidèles à notre
groupe. Sont présents : Frank Ducret, que nous espérons bien récupérer
très prochainement,
Janos Szara, Jean Moget et Sandy Csajka dont la santé s’est nettement
améliorée Pour diverses raisons
en nous adressant leurs meilleurs messages m’ont prié des les excuser
Charles Henry ne peut plus se déplacer. Je lui adresse mes meilleurs vœux.
Antoine Mercier a dû changer la date de ses vacances René Beck est un fidèle
mais à regret pas libre,Henry Robyr , Dominique Girardet seront des nôtres
l’année prochaine. Fernand
Perrod , à qui j’adresse des remerciements pour l’aide qu’il m’a apporté
pour l’organisation du repas, nous quittera tout à l’heure. Le Rotary fête
ce soir son 25 ème anniversaire. Il a fait un choix L’apéritif
avec les sénateurs, le repas avec le Rotary. J’ai
remarqué qu’il y avait des mots qui avaient plus d’importance que
d’autres. Pour moi, celui qui cette année a retenu mon attention est le mot
ligne, A mes dépens, j’ai notamment appris que par rapport à celui qui m’était
supérieur dans la ligne hiérarchique, je devais m’aligner et respecter ses
lignes directrices. Comme ce n’était pas le cas cela a provoqué un échange
de lignes pas forcément agréables,
Lors
des jeux du samedi matin la ligne est presque aussi importante que la raquette
et les balles.
La
balle peut être devant la ligne
- derrière la ligne, toucher la ligne à l’intérieur de la ligne, à
l’extérieur de la ligne. Ce qu’il y a de sûr elle n’a pas la même
largeur pour tous.
Heureusement
les problèmes de ligne se règlent
presque toujours sur place sans provoquer d’échange de ligne. Au pire
on échange un coup de fil en s’assurant d’être sur la bonne ligne.
Dans
le journal du matin tout n’est pas intéressant et l’on parle de plus en
plus de la violence et du racisme, de la BCV, de l’économie en général Hier
les lignes suivantes ont retenu mon attention…
Elles
concernaient d’abord une enquête mondiale récemment réalisée. Elle
contenait la question suivante :
Quelle est, s’il vous plait, votre opinion sur la pénurie d’aliment
dans le reste du monde ?
Cette enquête a été un échec total… En
Afrique, personne ne savait ce qu’étaient des aliments--- En
Europe occidentale, personne ne savait ce qu’était une pénurie En
Europe de l’Est personne ne savait ce qu’était une opinion.. En
Afrique du sud personne ne savait ce que signifie s’il vous plaît Aux
Etats Unis personne ne savait ce qu’était le reste du monde Ces
lignes étonnantes nous interpelle au sujet du racisme, Un Noir, qui connaissait
mal les blancs et à qui exceptionnellement on avait donné la parole disait : Cher
frère blanc, Quand
je suis né
- J’étais
noir ? Quand j’ai grandi j’étais noir Quand
je suis au soleil, je suis noir Quand
j’ai peur , je suis noir, Quand
je suis malade. Je suis noir, Quand
je mourrai. Je serai noir Tandis
que toi , homme
blanc Quand
tu es né, tu étais rose Quand
tu as grandi, tu étais blanc Quand
tu vas au soileil, tu es rouge Quand
tu as froid, tu es bleu Quand
tu as peur, tu es vert Quand
tu es malade, tu es jaune, Quand
tu mourras, tu seras gris
Et après çà,
tu as le toupet de m’appeler
homme de couleur
.
Etre
chef ce n’est pas drôle et même si les lignes de ma main tentent de prouver
le contraire, le plus tard possible je passerai la ligne fatidique. Et comme
j’aurai durant ma vie, été dans la ligne de mes ancêtres on mettra éventuellement
une ligne dans le Régional.
Tout compte fait j’aurai peut-être mieux fait d’aller à la pêche à la ligne...
Maurice
Billet de Jean -Robert du 2 novembre
2002 Le samedi matin, Messieurs, quand l’Aurore arrache les voiles de la nuit, le Sénateur, lui, s’arrache aux bras de Morphée et de son lit à matelas multispires et à lattes polyflexes, fabriqué en Europe pour une entreprise suisse sous licence Est-timoraise. L’esprit embrumé, pour être pile poil à l’heure de son rendez-vous incontournable - qu’il neige, qu’il pleuve ou qu’il vente - le Sénateur ingurgite rapidement un fortifiant aux arômes exotiques, noir ou vert de Ceylan ou des Indes, moka ou arabica du Brésil ou du Costa-Rica, qui lui permettra d’aborder avec toute la lucidité voulue le train de son samedi matin. J’en connais qui ne trône pas devant le kaoua matinal mais qui se sustente d’une banane durant le jeu. Train accéléré d’entrée de jeu, par des coups droits, revers de qualité, regard perçant pour frapper et placer la petite balle jaune à l’intérieur de ces litigieuses lignes blanches de démarcation, si souvent mises en cause. On en parle plus ! Au fil des minutes son jeu se fait plus technique, élégant même, hésitant parfois, assorti c’est normal de ratés inénarrables qui ne sauraient pourtant le détourner du droit chemin de la recherche d’un soi-même qu’il sait avoir déjà trouvé. On en rit surtout, on en pleure jamais, on en discute, on se chamaille comme des enfants, mais le fair-play reprend vite le dessus : On est Sénateur ou on ne l’est pas ! Le desservant du tennis, quelle que soit l’heure et l’état de rentrée la veille au soir se doit d’être là et d’empoigner d’un regard clair son immémoriale tâche hebdomadaire. S’il venait à faillir, ne verrait-il pas bientôt un front toujours plus large réclamer sa tête ! Tête dont le cœur doit rester fidèle à la bulle « Unigenitus » des Sénateurs. Le jeu engagé et enflammé, affrontement sans violence, sans armes et sans haine, reste tout de même une confrontation de titans où celui qui gagne prouve qu’il est le plus fort, certes, mais jamais qu’il vaut mieux que l’autre. Repu l’âme et le corps enfin rassasiés, l’œil clair, sous le sourcil charbonneux, le Sénateur, la gorge assoiffée et la dent aiguisée, peut alors, avec le sourire, quelques crampes et le verre à la main, entamer la suite de sa matinée, propre à la conversation et à la digestion paisible des fruits des doubles échangés, jusqu’à ce que, une fois encore, l’Aurore arrache le voile de la nuit. Ces quelques mots démontrent que le
tennis - entre nous Sénateurs - est porteur de valeurs fortes : fraternité, courage, solidarité, entente et bonne humeur !valeurs que nous devons pérenniser. Avant que cette chaleureuse et traditionnelle rencontre annuelle ne se termine : je tiens à saluer et à remercier nos chers et fidèles vétérans ainsi que les sénateurs en congé sabbatique, pour leur présence et leur amitié. Parce qu’ils le méritent, j’adresse mes félicitations aux aînés du samedi matin pour leur participation indéfectible et de qualité, comme quoi la pratique du tennis n’a pas d’âge. Enfin, en les remerciant également d’être parmi nous, mes vœux de santé vont à vous, chers amis qui êtes en congé maladie ou accident. Je vous souhaite bonne route vers des jours meilleurs. Pourquoi ne pas parler finance. En cette période de resserrement de crédit, de séisme boursier et d’incertitude économique, les sénateurs, sur le plan purement tennistique, surfent gentiment sur les vagues de la débâcle grâce à leur autofinancement et leur saine gestion ; résultat : tout va bien, même très bien, merci pour nous. Donc, pas de bilan à défendre, pas de trésorier à blâmer ni à féliciter. Pas de trésorier, c’est vrai ; mais au-dessus de nous veille un grand homme, un véritable chef d’orchestre, celui du concert de l’an dirais-je: PDG-CEO, superviseur, administrateur, téléphoniste, organisateur, secrétaire, amuseur et j’en passe, notre Timonier perpétuel, homme de consensus, homme de paix. Inutile de vous le présenter, vous l’avez tous reconnu, c’est notre Saint-Maurice. Pour son art et sa manière de cultiver un esprit où l’amitié et la camaraderie sont aussi importants que la compétition, je lui adresse un vibrant et sportif merci! Ce constat réjouissant nous permet d’imaginer des jours aussi heureux dans le futur qu’ils l’ont été par le passé. Mon cher Maurice, chers amis, une telle rencontre ne demande qu’à se renouveler. Cela étant, si notre Timonier perpétuel n’y voit pas d’objection et que le Saint homme accorde sa bénédiction, alors je vous dis à l’année prochaine et je m’en réjouis. D’ici-là : bonne santé à tous. Je vous remercie de votre attention soutenue.
Jean-Robert
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