Source 24 heures du 6 septembre 2000
FINALES DES CHAMPIONNATS VAUDOIS À LA PONTAISE
Bogdan Nunweiller: sept raquettes cassées pour un sacre
JEAN DUFEY
Le championnat vaudois de tennis a rencontré cette année un
énorme succès. Avec 721 joueurs et joueuses (contre 467 en 1999) répartis sur
vingt-deux tableaux, les organisateurs - Olivier Bujard, Marie-Madeleine Gachet
et Mauro Ferrara - ont connu certains problèmes posés d'une part par les
humeurs du ciel, d'autre part en raison de changements d'horaire demandés par
des participants. Une faveur qui ne sera accordée, à l'avenir, que dans des
cas urgents. Car il ne faut pas s'attendre à ce que le raz-de-marée
d'inscriptions de cette année - dû surtout au fait que les quelque 3200
membres licenciés des clubs vaudois ont reçu pour la première fois des envois
personnalisés leur annonçant le championnat - fléchisse en 2001.
Classement à revaloriser
Il n'en reste pas moins que la phase finale - sept
demi-finales et 22 finales - s'est jouée selon le programme, ce dernier samedi,
sur les courts du Lausanne-Sports. A commencer par le tableau R1-R3 messieurs,
dont les favoris, Bogdan Nunweiller et Alexandre Ahr (Stade Lausanne), devaient
se refaire une santé puisque, ayant freiné la compétition, ils ont vu leur
classement tomber de N2 en R1. D'où leur ambition du moment: revaloriser leur
classement en réintégrant la classe N4.
Ce devrait être chose faite pour les deux joueurs. Et cela même
si Ahr, probablement mal préparé, a été battu en demi-finales (6-3 7-5) par
le Montreusien Alain Peeters. Paré récemment du titre de champion suisse
senior en simple et en double (avec Philippe Serex, de Vevey), Peeters, âgé de
35 ans, a distillé contre son adversaire des amortis et des revers slicés qui
ont fait mouche.
D'une corde à l'autre
Quant à Bogdan Nunweiller, classé 12e joueur de Suisse il y
a quelques annnées, ce n'est pas la fougue qui lui a manqué. N'a-t-il pas
commencé par mettre hors d'usage quatre raquettes lors de sa demi-finale contre
Thomas Bross, de Renens! N'ayant plus d'arme pour terminer son deuxième set,
Nunweiller fut secouru par le père de Thomas Bross qui, geste élégant, décida
de prêter sa propre raquette (de même marque) à l'adversaire de son fils. Ce
dernier s'inclina en deux sets (6-3 6-2). Il fallut encore à Nunweiller deux
autres «tamis» pour imposer en deux sets (6-3 6-2 également), sa puissance et
sa technique contre Peeters.
Le Groupement vaudois de tennis dispose ainsi d'un beau
champion cantonal R1-R3. Lequel, âgé de 23 ans, a terminé sa maturité
commerciale et qui, détail piquant, quitte souvent sa raquette pour un autre
instrument à cordes, la guitare, dont il joue au sein d'un groupe rock, le
Cruzcastillo, où il chante aussi. Ne serait-ce que pour tenter de marcher sur
les traces de sa grand-mère maternelle, autrefois connue comme cantatrice en
Roumanie...
Championne à onze ans!
Chez les dames R1-R3, la finale opposait deux demoiselles:
Timea Bacsinszky (11 ans, Epalinges), championne suisse des filles, catégorie
4, l'hiver dernier, et Alisée Hirt (Renens, 14 ans), demi-finaliste de ces mêmes
championnats suisses d'hiver en cat. 3. Le duel fut palpitant. Après un départ
fulgurant - elle menait 5-0 au premier set - Alisée fut rejointe par la joueuse
palinzarde pour perdre finalement la première manche au tie-break, puis le
deuxième set (7-5) au cours d'un duel où les deux joueuses alternèrent volées,
revers croisés et contre-pieds sans jamais baisser de tempo. Une étonnante
finale qui prouve que le tennis féminin vaudois a «du bois devant la maison».